AGF: The Counselor

AGF: The Counselor (73 min.)

Ils ne sont que deux mais ils ont des avis très différents sur le nouveau film de Ridley Scott, THE COUNSELOR.

Nicolas et Thibault ne sont pas d’accord et discutent des dialogues, de l’intrigue, des tirades, de la violence, de la réalisation et des acteurs. Trouveront-ils un terrain d’entente?

Un épisode réservé à ceux qui ont vu le film.

2 réflexions sur “ AGF: The Counselor ”

  1. Bon, moi je rejoint tout à fait l’avis de Thibault.
    Au niveau formel, c’est sûr que c’est très classe et bien mis en scène, mais malheureusement, c’est presque l’unique qualité du film, avec la bonne prestation globale des acteurs, sauf bien sûr celle caricaturale à souhait de Cameron Diaz.
    Le gros point négatif c’est le scénario. Je dis scénario parce qu’il englobe les dialogues pompeux, illisibles et atones ; et l’histoire carrément incompréhensible et inintéressante.
    Qui trahit qui, comment sont réellement impliqués les protagonistes (et surtout le fameux Counselor), quelles sont les intentions réelles des personnages : tout ceci est flou et fastidieux à se mettre en place. C’est certes une descente aux enfers, mais quel est le rôle du Counselor dans cette affaire de drogue à part avoir payé la caution du fils de sa cliente ? J’ai rien compris et je m’en fous totalement.
    Pour rebondir sur ce que tu dis Nico quand tu défends le dialogue aberrant du vendeur de diamant (et Thibault à raison de le citer pour appuyer son argumentaire), tu dis que toute scène n’a pas lieu d’avoir une incidence directe sur l’histoire ou les personnages : or c’est justement la seule scène qui n’a pas d’incidence sur le reste du film. Deux exemples : on nous parle au travers d’un dialogue d’une arme inarrêtable qui permet d’etouffer voire de décapiter son ennemi BAM on la voit dans le film, et tant mieux puisqu’elle donne lieu à la seule vraie scène marquante. Deuxième exemple : la seule fois ou l’on voit Fassbender faire son job d’avocat, c’est pour qu’il rencontre une Rosie Perez qui lui demande une faveur qui aura un impact direct sur le destin de Fassbender. Cette « utilité » de chaque scène, qu’elle serve pour faire avancer ce qu’on peut difficilement appelé ici l’histoire, rend d’autant plus pompeuse ce dialogue avec le marchand de diamant.
    Sinon l’histoire globale est remplie d’incompréhension, puisqu’il y a un désintérêt manifeste pour l’histoire. Et ce désintérêt est lamentable puisque ce n’est pas pour se concentrer sur des personnages (comme The master par exemple), mais c’est juste pour se concentrer sur les dialogues écrits par McCarthy, qui doit adorer ses conversations pourtant amorphes.
    Thibaut a cité 3 punch-lines, dont les deux seules qui ont marchées pour moi, celle sur le prix de la fellation et celle sur les coïncidences. La troisième, que Nico n’aime pas, sur le température de la vérité, reflète l’idéologie générale des dialogues du film : indigeste, avec des punch-lines à tout-va, rempli d’anecdotes minables sorties de wikipedia (ex : Brad Pitt qui parle d’un mot qui a une signification particulère en Ecosse, j’en ai même oublié le mot en lui-même…). On a l’impression d’être un flic qui a mis sur écoute Fassbender, et tous les personnages parlent de manière codée et pseudo-philosophique.
    On sent que McCarthy est fier de ses dialogues, que Ridley Scott les trouve très intelligent, qu’ils sont fiers de ces monologues transformés en litanie et vue le casting, j’aurais préféré des vrais joutes verbales, denses et dynamiques. Ok la scène de Diaz et de la voiture marche, mais combien de conversations non-sensiques pour un bon monologue ?…
    La fausse bonne idée ultime de McCarthy, qui je suis sur en est pourtant très fier, c’est que Fassbender n’ait pas de nom. Le dernier film mémorable à avoir un héros sans nom c’etait Drive, mais c’était qu’anecdotique, peu appuyé et ça refletait juste le personnage effacé de Gosling. Ici, à toutes les scènes, on l’appelle « Counselor » pour bien appuyer l’identification du personnage à son titre. Chose qui ne marche pas du tout puisque je n’ai eu aucune empathie sur Fassbender (que j’adore pourtant) puisque je sais rien de lui, je sais pas dans quoi il est impliqué réellement et au final je sais même pas s’il est vraiment « Counselor ». On dirait presque que l’exposition du personnage est intégrée à son titre, mais ça ne marche pas, et pire c’est bien appuyer et ça se veut très original.
    Or, et je vais contredire Nico, pour moi ce n’est pas du tout un film original, ni par sa construction, son histoire, ni par ses personnages, ni par ses thèmes. C’est juste un film qui se veut intelligent en étant inintelligible. Parfois l’intelligence c’est d’être intelligible.

    Sinon très bonne émission à deux. Et Nicolas, t’es le seul à attendre Exodus.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s